Au Grand Parc, une fresque de 34 mètres peinte avec les jeunes du quartier
Sur une tour du Grand Parc à Bordeaux, Helen Bur peint deux jeunes femmes enceintes avec des habitants, dans le cadre du projet KIFKIF et de l’association EXIT.
En bref
- Le projet KIFKIF redonne des couleurs aux tours du quartier du Grand Parc, à Bordeaux.
- La fresque couvre près de 300 m² et représente deux jeunes femmes enceintes.
- La pluie et le vent fort ont bloqué la nacelle pendant les trois premiers jours.
- L’association EXIT a déjà mené des fresques participatives rive droite.
À Bordeaux, une façade des tours du Grand Parc sert de toile géante : l’artiste Helen Bur y peint, à 34 mètres de haut, une fresque monumentale avec des jeunes du quartier. Selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, le chantier s’inscrit dans le projet KIFKIF, qui veut transformer l’image de ces tours.
KIFKIF, des couleurs pour le quotidien
L’idée est de redonner des couleurs à la ville et au quotidien de ses habitants. Le projet fait dialoguer l’artiste et les habitants, qui participent aussi à l’élaboration de l’œuvre.
La fresque est l’un des projets de l’association EXIT, qui en a déjà réalisé plusieurs sur la rive droite, entre La Benauge et Bacalan. Il s’agit de fresques collaboratives, menées sous forme de chantiers participatifs et d’insertion. Luca Trimaldi, directeur de l’association, résume ainsi la logique : mettre en relation le travail de la structure et les habitants, selon leur âge et leur envie de participer.
Un chantier suspendu au-dessus du quartier
Peindre à cette échelle demande une organisation hors norme. Voici ce que mobilise le chantier :
- un harnais, des mousquetons et des sangles pour l’artiste ;
- une nacelle articulée, d’où elle réalise la fresque ;
- un camion et des litres de peinture ;
- une petite équipe qui coordonne le travail depuis le sol.
Pour Helen Bur, la difficulté n’est pourtant pas là : le plus dur est de « jouer avec le temps ». Pendant les trois premiers jours, la pluie et le vent fort ont empêché de travailler avec la nacelle de l’élévateur. « Quand on est arrivés, pendant trois jours, on a eu la pluie avec un vent fort », raconte l’artiste.
Deux jeunes femmes enceintes, une histoire d’entraide
La fresque représente deux jeunes femmes enceintes, un thème choisi par Helen Bur. Son point de départ : « Dans ce quartier, il y a beaucoup de femmes seules ». Elle a voulu mettre en avant l’entraide, notamment autour de la maternité.
Les femmes qui ont inspiré l’œuvre ne se connaissaient pas avant sa proposition. « Elles se connaissent maintenant », sourit l’artiste, pour qui il est ici question de connexions et de rencontres.
Le quartier regarde, les jeunes s’impliquent
Le travail d’Helen Bur est suivi chaque jour, depuis les fenêtres des logements comme depuis le pied des immeubles. Beaucoup d’habitants se disent déjà enthousiastes, en particulier pour la couleur apportée au quartier. L’un d’eux la trouve « jolie et monumentale » et note qu’on la voit de loin.
« Utiliser un mur comme une toile, rend cela accessible pour beaucoup de personnes qui ne vont pas habituellement dans des musées ou galeries »
Helen Bur, artiste
Côté jeunes, Salem Erchouk, de l’Association pour la jeunesse à Bordeaux, défend la dimension éducative : « Le projet éducatif, c’est que ces jeunes-là puissent aussi s’inscrire dans le développement social de leur quartier, son amélioration ». Il insiste sur la citoyenneté et le pouvoir d’agir des participants.
Ces chantiers sont aussi l’occasion de voir autre chose, de rencontrer d’autres personnes et d’être curieux. Luca Trimaldi dit n’avoir pas la prétention de transmettre la passion de l’art : « Chacun prend ce qu’il a envie de prendre. Il en restera forcément quelque chose. »
Photo : cottonbro studio / Pexels
