Le Cricketers, club blues de Paludate, revit le 16 octobre au Deus Ex Machina

Ouvert en octobre 1986, le club a vu passer Junior Wells ou John Hammond. Bordeaux Rock réunit trois musiciens qui l’ont fréquenté pour une fête du blues.

Sonia Ferreira Par Sonia Ferreira
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Le Cricketers, club blues de Paludate, revit le 16 octobre au Deus Ex Machina
Un musicien chante et joue de la guitare électrique sur une petite scène, face à un public aux bras tendus. Photo d’illustration.

En bref

  • Soirée hommage au Cricketers le vendredi 16 octobre au Deus Ex Machina.
  • L’association Bordeaux Rock organise ce rendez-vous.
  • Le club blues a fonctionné de 1986 à 1998 au 72 quai de Paludate.
  • Garage, swamp et Chicago blues sont au programme.

Le vendredi 16 octobre, c’est au Deus Ex Machina que Bordeaux Rock rend hommage au Cricketers, un club où toute une génération d’amateurs bordelais a vu jouer en chair et en os les musiciens qu’elle écoutait sur disque. Sur scène, ce sont d’anciens habitués qui tiennent les instruments, et l’association sait que des fidèles de l’époque feront le déplacement.

Ce que réserve la soirée du 16 octobre

L’affiche réunit trois noms liés de près à l’histoire du lieu, chacun apportant sa nuance d’une même musique :

  • Vincent Pollet-Villard, claviériste, guitariste et chanteur du groupe Charb-On ;
  • Raoul Ficel, qui compte quatre décennies d’activité dans le monde du blues ;
  • le JD Harmo band.

Le programme fait se croiser le garage blues, le swamp blues et le Chicago blues, trois couleurs dont les deux premiers cités se sont nourris au fil de leurs soirées au club. Vincent Pollet-Villard résume l’intention en une phrase : « Ce sera une fête du blues. »

Douze ans au bord du quai de Paludate

Le Cricketers a ouvert ses portes au 72 quai de Paludate et a animé la vie musicale girondine pendant douze ans. Ceux qui l’ont connu décrivent un décor reconnaissable dès l’entrée : un long comptoir sur la gauche, une moquette au sol et une pièce réservée au billard.

Autre singularité rapportée par les témoins, l’absence de vigiles. Quand un client avait trop bu, c’était l’équipe du bar qui le raccompagnait dehors, sans esclandre.

Main d’un musicien jouant d’une basse à autocollants sur une scène sombre, avec projecteurs rouges et pied de micro flous à l’arrière-plan.
Photo d’illustration. Un musicien joue de la basse sur une scène de club : une image de concert pour évoquer le blues et le club fêté. Photo : Gezer Amorim / Pexels
  1. Ouverture du club au 72 quai de Paludate.
  2. Fin de l’aventure, après douze années de concerts.
  3. Soirée hommage de Bordeaux Rock, quarante ans après l’ouverture.

Une scène ouverte aux grands noms et aux curiosités

Pour Raoul Ficel, le club offrait enfin une scène de proximité aux idoles du genre : « On avait enfin la possibilité de voir en vrai les gens qu’on aimait : John Hammond, Paul Orta, Junior Wells… » Selon lui, ces concerts venaient s’ajouter à la tournée du Chicago blues festival, qui faisait halte à Bordeaux tous les ans.

Artiste Ce qu’on en retient
Lonnie Mack Guitariste que Stevie Ray Vaughan donnait pour référence
The Hoax Quintette blues rock, première formation du chanteur Hugh Coltman
Jason & the Scorchers Registre plus proche du country-rock
Chris Jagger Frère de Mick Jagger, joueur de folk blues
Duke Robillard, Kevin Ayers, Richard Gotainer Autres noms cités par Vincent Pollet-Villard

Des groupes de musiques africaines figuraient aussi au menu. Vincent Pollet-Villard y voit un fil conducteur : « La programmation était très ouverte, mais ce qui reliait tout ça, c’étaient les racines afro-américaines au sens large du terme. »

Vincent Pollet-Villard, du comptoir aux loges

Le musicien de Charb-On n’a pas seulement fréquenté le club en spectateur. Embauché au bar, il donnait également son avis sur la programmation et sur les affiches. À une période, il a même vécu sur place, en dormant dans les loges, comme il le raconte à Sud Ouest.

C’est encore au Cricketers qu’il a croisé un musicien qui l’a entraîné jusqu’à la Nouvelle-Orléans. Il y est resté deux ans.

Photo : Yan Krukau / Pexels

Sonia Ferreira

Sorties, expériences et bonnes tables bordelaises

Sonia Ferreira

Sonia Ferreira a été serveuse puis responsable de salle dans des restaurants du quartier Saint-Michel pendant quinze ans. Elle sélectionne les adresses où bien manger à Bordeaux, en payant toujours l'addition et en y retournant avant d'écrire. Elle cuisine une morue aux pois chiches le dimanche, recette de sa mère.