À Bordeaux, le Shtandart, réplique du navire du tsar, ouvrait son pont aux visiteurs
Amarrée au ponton d’honneur, la réplique du navire de Pierre le Grand a ouvert son pont au public avant de repartir vers le Portugal dans la nuit.
En bref
- Le trois-mâts russe a fait escale à Bordeaux pendant quatre jours en octobre 2016.
- Sa coque reproduit un navire amiral du tsar, lancé en 1999 comme réplique.
- Les visiteurs montaient à bord sans guide, en russe ou en anglais avec l’équipage.
- Le chef cuisinier, Louis, est l’unique Français de l’équipage.
Coque jaune et noire, canons que l’on pouvait toucher, cloche en cuivre dans la cambuse : selon Sud Ouest, qui republie un récit d’archives, monter à bord donnait l’impression d’entrer dans un film d’aventure. Le 20 octobre 2016, le « Shtandart » faisait escale à Bordeaux pour quatre jours.
Une arrivée au ponton d’honneur
La frégate a accosté au ponton d’honneur au moment où le navire qui avait mis à l’eau le « Burdigala » repartait vers l’estuaire. Ce trois-mâts école est une réplique du navire amiral de Pierre le Grand.
Son départ était prévu dans la nuit du lundi au mardi, à 3 h 30, avec 20 personnes à bord. Sa route devait ensuite le conduire vers le Portugal.
Un trois-mâts en chiffres
La copie suit son modèle point par point, hormis les instruments de navigation modernes. L’original, construit en 1703, avait pour mission de repousser les Suédois hors de la Baltique, une zone stratégique pour la Russie. Il tenait, selon le récit, une place de choix dans le cœur du tsar.
De Pierre le Grand aux jeunes de la Neva
Pour développer sa marine, Pierre le Grand a voyagé incognito en Angleterre et en Hollande afin d’y apprendre les méthodes de construction navale. Il s’est même fait embaucher quatre mois sur les docks anglais, et il a participé à la construction du navire.
- Construction du navire original.
- Avec ses 14 voiles et ses 28 canons, il devient le symbole de la flotte russe.
- Sur les rives de la Neva, des jeunes de Saint-Pétersbourg décident de le reconstruire en réplique.
- Lancement de la réplique.
L’original a fini sa vie en épave puis a été démoli. Aujourd’hui, la réplique sert d’école à ciel ouvert : de jeunes Russes y apprennent la construction navale et la navigation à voile.
Comment se passait la visite
- Le pont comme l’intérieur de la frégate se visitaient.
- Pas de guide : les hommes d’équipage s’exprimaient en russe ou en anglais, et Louis était le seul à parler français.
- Les visiteurs découvraient les hamacs servant de couchage, le carré, espace de vie, et la cambuse, où l’on percevait l’odeur du bois, du fioul et du chou.
- Le lever de drapeau avait lieu à 8 heures.
Dans l’ancienne cale, qui abritait jadis tonneaux, provisions, boulets et poudre, le carré et la cambuse forment désormais l’espace de vie des marins russes.
Louis, le cuisinier français du bord
L’équipage, placé sous les ordres du capitaine Vladimir Martus, compte un seul Français : Louis, 24 ans, originaire de La Rochelle, chef cuisinier. « J’ai découvert ce bateau à Rochefort en juin dernier », raconte-t-il. Avant son arrivée, les marins se relayaient aux fourneaux. « Du coup, ils sont contents que je sois là », dit-il.
Il prépare des plats russes à base de poulet, de viande, de choux, de carottes et d’oignons : des soupes le midi, des plats en sauce le soir. Par temps de grain, il cuisine dans la cambuse en imperméable.
Louis s’attache aussi à faire découvrir les escales françaises à ses compagnons. À Bordeaux, il comptait leur montrer la ville : « Mon petit frère habite ici, on va donc leur faire visiter Bordeaux ». Cela, tant que les quarts à bord restaient bien tenus.
Photo : P. Hughes / Wikimedia Commons, CC BY 4.0
