Macron et Steinmeier en Gironde, du spatial à la dissuasion
Le 9 octobre, les deux présidents ont visité trois sites girondins, de la capsule Nyx au laser Mégajoule, sans annonce mais avec un pacte d’avenir en vue.
Vendredi 9 octobre, Emmanuel Macron a emmené son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier dans la région bordelaise pour une journée consacrée à l’industrie spatiale et à la défense. Trois sites girondins étaient au programme, du Haillan au Barp, avec une idée directrice : la coopération entre Paris et Berlin se montre aussi par des projets industriels bien réels.
En bref
- Trois sites girondins étaient au programme, du Haillan au Barp, avec une idée directrice : la coopération entre Paris et Berlin se montre aussi par des projets industriels bien réels.
- Najwa Naimy, présidente de l’entreprise et directrice du programme Nyx, a insisté sur la portée symbolique du projet pour l’Europe :
- Aucune annonce n’a accompagné ce parcours, mais il a permis de rappeler que des équipes françaises et allemandes travaillent déjà côte à côte, en attendant le pacte dont il est question.
D’après ici (France Bleu) Gironde, le chef de l’État est arrivé en fin de matinée en compagnie du président de la République fédérale d’Allemagne, pour un déplacement placé sous le signe de l’aéronautique et de la défense. France 3 Nouvelle-Aquitaine replace cette journée dans un contexte moins serein : la gestion de la dette et le commerce extérieur figurent parmi les points sur lesquels les deux piliers de l’Union européenne s’opposent rarement avec autant de force. Montrer des convergences concrètes avait donc son utilité. La chaîne note que la visite s’est déroulée sans annonce, alors que l’on attend l’ouverture d’un « nouveau pacte d’avenir » fondé sur « la souveraineté ».
The Exploration Company et sa capsule Nyx
La première étape a eu lieu au Haillan, chez The Exploration Company, une jeune entreprise franco-allemande. Emmanuel Macron n’a pas pris la parole pendant que l’on lui présentait Nyx, une capsule spatiale réutilisable conçue pour acheminer des fournitures, des vivres par exemple, vers la station spatiale internationale. France 3 va plus loin et évoque aussi le transport de personnes, avec un pilotage depuis le sol, en Gironde.
Sur le marché du fret orbital, la société affiche l’ambition de défier des acteurs américains comme SpaceX et Blue Origin. Elle travaille également sur un moteur capable de réaliser des alunissages. France 3 rappelle que des vols habités entièrement européens restent un objectif ancien qui n’a encore jamais été atteint.
Najwa Naimy, présidente de l’entreprise et directrice du programme Nyx, a insisté sur la portée symbolique du projet pour l’Europe :
« Dans ce climat géopolitique, avoir des symboles de collaboration entre la France et l’Allemagne, avoir des symboles que l’Europe est capable d’apporter des technologies qui sont world class sur le marché et qu’on est capable aussi d’être de bons compétiteurs sur le marché global, c’est au cœur aussi de nos valeurs »
Najwa Naimy, présidente de The Exploration Company et directrice du programme Nyx
ArianeGroup, côté propulsion
Les deux chefs d’État ont ensuite rejoint le centre industriel d’ArianeGroup, un site dédié à la propulsion, civile comme militaire, et aux matériaux composites. Ils s’y sont trouvés devant l’assemblage de propulseurs destinés aux lanceurs Ariane 6 et Vega, des fusées qui quittent le centre spatial guyanais de Kourou environ dix fois par an. Selon ici, ArianeGroup est un groupe industriel européen présent en France comme en Allemagne, ce qui correspond bien à l’esprit d’un déplacement à deux présidents.
| Site | Lieu | Rôle dans la journée |
|---|---|---|
| The Exploration Company | Le Haillan | Start-up et capsule réutilisable Nyx |
| ArianeGroup | Gironde | Propulseurs d’Ariane 6 et de Vega |
| Centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine | Le Barp | Laser Mégajoule |
Le laser Mégajoule, au Barp
L’après-midi, la délégation a pris la direction du Barp, où le centre d’études scientifiques et techniques d’Aquitaine abrite le laser Mégajoule. Cet organisme de recherche collabore depuis longtemps avec des partenaires allemands, au premier rang desquels l’institut Fraunhofer. Son programme de simulation offre à la France les moyens d’entretenir sa dissuasion nucléaire sans procéder à des essais atomiques.
Au fil de la journée, les visiteurs ont donc croisé une jeune pousse du spatial, un grand industriel de la propulsion et un centre de recherche lié à la dissuasion. Aucune annonce n’a accompagné ce parcours, mais il a permis de rappeler que des équipes françaises et allemandes travaillent déjà côte à côte, en attendant le pacte dont il est question.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : DLR. Licence : CC BY 3.0.
